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Télémédecine et prise en charge de l’AVC pendant la pandémie de COVID-19*

*AVIS DE NON-RESPONSABILITÉ : Les données sur la COVID-19 contenues dans le présent document sont à jour au moment de la soumission de l’article le 8 avril 2020.

Une période sans précédent

En janvier 2020, un nouveau coronavirus (coronavirus 2 responsable d’un syndrome respiratoire aigu sévère [SARS-CoV-2]) a été identifié comme l’agent pathogène ayant entraîné une augmentation des cas de pneumonie à Wuhan, en Chine. La maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) s’est depuis lors propagée de façon exponentielle jusqu’à atteindre le statut de pandémie, bouleversant le quotidien des personnes du monde entier. Au 3 avril, plus de la moitié de la population mondiale (soit plus de 3,9 milliards de personnes) devait vivre avec des mesures de « confinement » plus ou moins strictes mises en place par les gouvernements afin de limiter la contagion1. Ces mesures, essentielles à l’aplanissement de la courbe et à la prévention des nombres stupéfiants projetés de décès du COVID-19, ont eu d’importantes conséquences négatives involontaires, qui ont poussé certaines personnes à se demander si ces mesures n’allaient pas être plus dommageables que le COVID-19 lui-même2. Même si ce type de question se pose le plus souvent en lien avec la crise financière et l’impact humain en raison de l’arrêt de l’économie mondiale, les professionnels de santé se posent des questions du même ordre concernant les sacrifices nécessaires en termes de qualité de la prise en charge des maladies sans lien avec le COVID-19, qui n’ont pas disparu pendant cette pandémie. Pour contourner ces difficultés en matière de santé imposées par les mesures de distanciation physique, de nombreux médecins et systèmes de santé se sont tournés vers la télémédecine. Par exemple, Arya, un système canadien de gestion des dossiers médicaux numériques, qui met à disposition une plateforme virtuelle avec télémédecine vidéo intégrée, a fait état d’une augmentation de 500 % du trafic sur son site Web et du doublement du nombre d’utilisateurs rien que lors des deux dernières semaines de mars (R. Vandegriend, S. Gharbi, R. Sztramko, communication personnelle, 6 avril 2020)3. Compte tenu de cette évolution rapide du modèle de prise en charge médicale, cet article vise à examiner les preuves étayant l’utilisation de la télémédecine dans la prise en charge des patients neurologiques (téléneurologie), en particulier la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les preuves actuelles en faveur de l’utilisation de la téléneurologie dans d’autres maladies ont été récemment examinées de manière approfondie par le groupe de travail Télémédecine de l’Académie américaine de neurologie (American Academy of Neurology) et ne sont pas traitées dans cet article4.